viernes, 22 de noviembre de 2019

«El barco ebrio» «Le Bateau Ivre» «The Drunken Boat» | ultramarina

el barco de piño
Pintura de Pinho Valeiras





«El barco ebrio» «Le Bateau Ivre» «The Drunken Boat» | ultramarina



«Nuestra barca, alzada en las brumas inmóviles, se orienta hacia el puerto de la miseria, la enorme ciudad del cielo manchado por fuego y lodo. ¡Ah, los andrajos podridos, el pan mojado en lluvia, la ebriedad, los mil amores que me crucificaron!…»
AR

«El barco ebrio»

Yo sentí al descender los impasibles Ríos
que ya no me sirgaban mis conductores rudos;
de blanco a pieles-rojas chillones y bravíos
sirvieron en los postes, clavados y desnudos.

Por las tripulaciones nunca tuve interés
y cuando terminó la cruel algarabía,
a mí, barco de trigo y de algodón inglés,
me dejaron los Ríos ir adonde quería.

Bogué en un cabrilleante furor de marejadas
más sordo e insensible que meollo de infantes
y las viejas Penínsulas por el mar desgajadas
no han sufrido vaivenes más recios y triunfantes.

La tempestad bendijo mi despertar marino.
Diez noches he bailado más leve que un tapón
sobre olas que a las víctimas abrían el camino,
sin lamentar la necia mirada de un farón.

Cual para el niño poma modorra, regodeo
fue para el agua verde este casco de pino;
dispersando el timón y perdiendo el arpeo
me lavó de inmundicias y de manchas de vino.

Desde entonces me baña el poema del mar
lactascente, infundido de astros; muchas veces,
devorando lo azul, en él se va pasar
un pensativo ahogado de turbias palideces.

Algo tiñe la azul inmensidad y delira
en ritmos lentos, bajo el diurno resplandor.
Más fuerte que el alcohol, más vasta que una lira
fermenta la amargura de las pecas de amor.

He visto las resacas, la tormenta sonora,
las corrientes, las mangas -y de todo sé el nombre-;
cual vuelo de palomas a la exaltada aurora,
y alguna vez he visto lo que cree ver el hombre.

Yo he visto al sol manchado de místicos horrores,
alumbrando cuajados violáceos sedimentos.
Cual en dramas remotos los reflujos actores
lanzaban en un vuelo sus estremecimientos.

Soñé en la noche verde de espuma y nieve ahita
-en los ojos del mar, lentos besos de amor-
y en la circulación de la savia inaudita
que arrastra áureo y azul, al fósforo cantor.

Asaltando arrecifes, un mes tras otro mes,
seguí a la marejada histérica y vesánica,
sin creer que las Marías con sus fúlgidos pies
cortaran el resuello a la jeta oceánica.

¡No sabéis… ! Dí con muchas increíbles Floridas,
con ojos de panteras y con pieles humanas
mezclábanse arcos-iris, tendidos como bridas,
al rebaño marino de las verdosas lanas.

He visto fermentar las enormes lagunas
en cuyas espadañas se pudre un Leviathán
y he visto, con bonanza, desplomándose algunas
cataratas remotas que a los abismos van…

Vi el sol de plata, el nácar del mar, el cielo ardiente,
horrores encallados en las pardas bahías
y mucha retorcida y gigante serpiente
cayendo de los árboles, con fragancias sombrías.

Quisiera yo enseñar a un niño esas doradas
de la onda azul. pescados cantores, rutilantes…
Me bandijo la espuma al salir de las radas
y el inefable viento me elevó por instantes…

Fui mártir de los polos y las zonas hastiado,
el sollozo del mar dulcificó mi arfada;
con flores amarillas ventosas fui obsequiado,
y me quedé como una mujer arrodillada.

Igual que una península llevaba las disputas
y el fimo de chillonas aves de ojos melados,
y mientras yo bogaba, de entre jarcias enjutas
bajaban a dormir, de espaldas, los ahogados.

Y yo, barco perdido entre la cabellera
de ensenadas, al éter echado por la racha,
no merecí el remolque de anseáticas veleras
ni de los monitores, nave de agua borracha.

Humeante, libre, ornado de neblinas violetas
segué el cielo rojizo con brío de segur
llevando -almíbar grato a los buenos poetas-
mis líquenes de sol y mis mocos de azur.

Las lúnulas eléctricas me fueron recubriendo,
almadía, escoltada por negros hipocampos.
Las ardientes canículas golpearon abatiendo
en trombas, a los cielos de ultramarinos lampos.

Yo que temblé al oír a través latitudes
el rugir de los Behemots y los Maelstroms en celo,
eterno navegante de azuladas quietudes,
por los muelles de Europa ahora estoy sin consuelo.

Yo vi los archipiélagos siderales que el hondo
y delirante cielo abren al bogador.
¿Te recoges tú y duermes en las noches sin fondo,
millón de aves de oro, venidero Vigor?

El acre amor me ha henchido de embriagador letargo.
Lloré mucho. Las albas son siempre lacerantes.
Toda luna es atroz y todo sol amargo.
¡Que se rompa mi quilla y vaya al mar cuanto antes!

Si yo ansío algún agua de Europa es la del charco
negro y frío en el cual, al caer la tarde rosa,
en cuclillas y triste, un niño suelta un barco
endeble y delicado como una mariposa.

Ya nunca más podré, olas acariciantes,
aventajar a otros transportes de algodón,
ni cruzando el orgullo de banderas flameantes
nadar junto a los ojos horribles de un pontón.

Arthur Rimbaud

Poema original en francés:

«Le bateau ivre»

Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J’étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m’ont laissé descendre où je voulais.

Dans les clapotements furieux des marées,
Moi, l’autre hiver, plus sourd que les cerveaux d’enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N’ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu’un bouchon j’ai dansé sur les flots
Qu’on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l’oeil niais des falots !

Plus douce qu’aux enfants la chair des pommes sûres,
L’eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin.

Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d’astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;

Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rhythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l’alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l’amour !

Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants : je sais le soir,
L’Aube exaltée ainsi qu’un peuple de colombes,
Et j’ai vu quelquefois ce que l’homme a cru voir !

J’ai vu le soleil bas, taché d’horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !

J’ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes,
Et l’éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !

J’ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
Hystériques, la houle à l’assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !

J’ai heurté, savez-vous, d’incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux
D’hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l’horizon des mers, à de glauques troupeaux !

J’ai vu fermenter les marais énormes, nasses
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !
Des écroulements d’eaux au milieu des bonaces,
Et les lointains vers les gouffres cataractant !

Glaciers, soleils d’argent, flots nacreux, cieux de braises !
Échouages hideux au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés des punaises
Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !

J’aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
Du flot bleu, ces poissons d’or, ces poissons chantants.
– Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
Et d’ineffables vents m’ont ailé par instants.

Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Montait vers moi ses fleurs d’ombre aux ventouses jaunes
Et je restais, ainsi qu’une femme à genoux…

Presque île, ballottant sur mes bords les querelles
Et les fientes d’oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds.
Et je voguais, lorsqu’à travers mes liens frêles
Des noyés descendaient dormir, à reculons !

Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
Jeté par l’ouragan dans l’éther sans oiseau,
Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
N’auraient pas repêché la carcasse ivre d’eau ;

Libre, fumant, monté de brumes violettes,
Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur
Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,
Des lichens de soleil et des morves d’azur ;

Qui courais, taché de lunules électriques,
Planche folle, escorté des hippocampes noirs,
Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques
Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;

Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,
Fileur éternel des immobilités bleues,
Je regrette l’Europe aux anciens parapets !

J’ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
– Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t’exiles,
Million d’oiseaux d’or, ô future Vigueur ?

Mais, vrai, j’ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L’âcre amour m’a gonflé de torpeurs enivrantes.
Ô que ma quille éclate ! Ô que j’aille à la mer !

Si je désire une eau d’Europe, c’est la flache
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi plein de tristesse, lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai.

Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,
Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,
Ni traverser l’orgueil des drapeaux et des flammes,
Ni nager sous les yeux horribles des pontons.

Arthur Rimbaud

Poema traducido al inglés:

«The Drunken Boat»

As I was floating down unconcerned Rivers
I no longer felt myself steered by the haulers:
Gaudy Redskins had taken them for targets
Nailing them naked to coloured stakes.

I cared nothing for all my crews,
Carrying Flemish wheat or English cottons.
When, along with my haulers those uproars were done with
The Rivers let me sail downstream where I pleased.

Into the ferocious tide-rips
Last winter, more absorbed than the minds of children,
I ran! And the unmoored Peninsulas
Never endured more triumphant clamourings

The storm made bliss of my sea-borne awakenings.
Lighter than a cork, I danced on the waves
Which men call eternal rollers of victims,
For ten nights, without once missing the foolish eye of the harbor lights!

Sweeter than the flesh of sour apples to children,
The green water penetrated my pinewood hull
And washed me clean of the bluish wine-stains and the splashes of vomit,
Carrying away both rudder and anchor.

And from that time on I bathed in the Poem
Of the Sea, star-infused and churned into milk,
Devouring the green azures; where, entranced in pallid flotsam,
A dreaming drowned man sometimes goes down;

Where, suddenly dyeing the bluenesses, deliriums
And slow rhythms under the gleams of the daylight,
Stronger than alcohol, vaster than music
Ferment the bitter rednesses of love!

I have come to know the skies splitting with lightnings, and the waterspouts
And the breakers and currents; I know the evening,
And Dawn rising up like a flock of doves,
And sometimes I have seen what men have imagined they saw!

I have seen the low-hanging sun speckled with mystic horrors.
Lighting up long violet coagulations,
Like the performers in very-antique dramas
Waves rolling back into the distances their shiverings of venetian blinds!

I have dreamed of the green night of the dazzled snows
The kiss rising slowly to the eyes of the seas,
The circulation of undreamed-of saps,
And the yellow-blue awakenings of singing phosphorus!

I have followed, for whole months on end, the swells
Battering the reefs like hysterical herds of cows,
Never dreaming that the luminous feet of the Marys
Could force back the muzzles of snorting Oceans!

I have struck, do you realize, incredible Floridas
Where mingle with flowers the eyes of panthers
In human skins! Rainbows stretched like bridles
Under the seas’ horizon, to glaucous herds!

I have seen the enormous swamps seething, traps
Where a whole leviathan rots in the reeds!
Downfalls of waters in the midst of the calm
And distances cataracting down into abysses!

Glaciers, suns of silver, waves of pearl, skies of red-hot coals!
Hideous wrecks at the bottom of brown gulfs
Where the giant snakes devoured by vermin
Fall from the twisted trees with black odours!

I should have liked to show to children those dolphins
Of the blue wave, those golden, those singing fishes.
– Foam of flowers rocked my driftings
And at times ineffable winds would lend me wings.

Sometimes, a martyr weary of poles and zones,
The sea whose sobs sweetened my rollings
Lifted its shadow-flowers with their yellow sucking disks toward me
And I hung there like a kneeling woman…

Almost an island, tossing on my beaches the brawls
And droppings of pale-eyed, clamouring birds,
And I was scudding along when across my frayed cordage
Drowned men sank backwards into sleep!

But now I, a boat lost under the hair of coves,
Hurled by the hurricane into the birdless ether,
I, whose wreck, dead-drunk and sodden with water,
neither Monitor nor Hanse ships would have fished up;

Free, smoking, risen from violet fogs,
I who bored through the wall of the reddening sky
Which bears a sweetmeat good poets find delicious,
Lichens of sunlight with azure snot,

Who ran, speckled with lunula of electricity,
A crazy plank, with black sea-horses for escort,
When Julys were crushing with cudgel blows
Skies of ultramarine into burning funnels;

I who trembled, to feel at fifty leagues’ distance
The groans of Behemoth’s rutting, and of the dense Maelstroms
Eternal spinner of blue immobilities
I long for Europe with it’s aged old parapets!

I have seen archipelagos of stars! and islands
Whose delirious skies are open to sailor:
– Do you sleep, are you exiled in those bottomless nights,
Million golden birds, O Life Force of the future? –

But, truly, I have wept too much! The Dawns are heartbreaking.
Every moon is atrocious and every sun bitter:
Sharp love has swollen me up with heady langours.
O let my keel split! O let me sink to the bottom!

If there is one water in Europe I want, it is the
Black cold pool where into the scented twilight
A child squatting full of sadness, launches
A boat as fragile as a butterfly in May.

I can no more, bathed in your langours, O waves,
Sail in the wake of the carriers of cottons,
Nor undergo the pride of the flags and pennants,
Nor pull past the horrible eyes of the hulks.

Arthur Rimbaud

martes, 5 de noviembre de 2019

LOS AMIGOS DEL ALMA: CUANTA RISA COMÍ CONTIGO y tú guisando un hueso

LOS AMIGOS DEL ALMA: CUANTA RISA COMÍ CONTIGO y tú guisando un hueso: los amigos son Beatrices que nos conducen a traves de los desconocidos dias y sus respectivos universos CUANTA RISA COMÍ CONTIGO...





CUANTA RISA COMÍ CONTIGO y tú guisando un hueso


Si me ves
Una sonrisa
Y una cesta de pan
En las manos,
No es un misterio:
Sabes
Que estoy contemplando
El pasado.
El pasado
Es hoy
          (Alberto Pimenta)


Lo que la amistad genera es el estar vivos hasta que el último se vaya.
De momento no ha sucedido, aunque ya formáis una poblada y apacible aldea
los que habéis partido Nos criamos a la intemperie, y habitamos muy pronto el mundo
que nos correspondía que no era precisamente nuestro mundo, este,
iríamos levantándolo en nuestros corazones. De ahí nuestra perpetua
desobediencia ante todo aquello que según descubríamos se nos revelaba falaz,
cruel, injusto, lleno de miedos y represión, de verdades a medias,
de silencios nefastos, el suelo que pisábamos estaba manchado de sangre,
de una sangre que hasta el día de hoy aún no muestra todos sus nombres.
Apareciste ahí, entre los sueños y la generosidad, y supe que había
encontrado un compañero para las incursiones furtivas en los territorios
solapados por un poder al que jamas le otorgamos la menor autoridad.
"Nosotros estábamos tejidos con la tela con la que están hechos lo sueños".
Vivíamos como creíamos que debíamos vivir, y así hasta hoy. Y en la Vía Pública.
Conocernos formaba parte, sin duda, de ese azar que a veces no es manipulado
por los dioses, y que conlleva la voluntad de ser uno mismo, alguien
que no dejas de inventarte hasta la muerte, incluso la muerte pasa a ser pronto
parte de ese "proyecto".
Ni yo ni la gente que ha bebido conmigo nos hemos sentido avergonzados
en ningún momento por nuestros excesos. Fuimos excesivos y desobedientes,
pero sobre todo supimos muy temprano que no era posible vivir sin amar.

Pasa, a veces, una muchacha
con una sonrisa entre los párpados
Y acontece un temblor de raíces
y se le seca el paladar al dia
mientras cruzan furtivos
los pesares, los entierros, los sermones
la santa madre iglesia
no la que reza en las caracolas
ni en las esquinas donde
en carne viva los misterios
se pasan de boca en boca
como tizones encendidos
de un mañana que repartimos
como pan amasado por mas mar
que el que administra la luna.
Pasa, a veces, una muchacha
y tamborilea la luz que nos inventa
funambulistas atravesando el universo


Descubrir el amor
es levantarle la tapa de los sesos
a la muerte
armar la cartografía del corazón
abrir las manos a las derrotas
las adorables derrotas
que nos empujan siempre de regreso
siempre hacia las islas de tesoro
que solo los náufragos alcanzan.
Y en la solapa del alma
la inmarchitable rosa de los vientos.


Os acordáis de cuando 
izábamos silencios en las avenidas
desplegamos la estupefacta belleza
de perdernos
corriamos de pronto, súbitamente
como demenciales criaturas del futuro
y abríamos a la canal 
la ruin necedad de los Gobiernos
Os acordáis cuando jugábamos
a meter miedo, a espantar 
a los sumos sacerdotes, nosotros
que éramos objetivos capitales del terror 
Sabíamos del tacto de los sueños
y así trazabamos incursiones
e ignoramos los decretos de los esbirros
de los mercachifles que abaratan 
las lenguas y los árboles
donde se cita la alegría de estar vivos
con el origen de las especies.


Los Museos fueron desde un principio
objeto de rituales de apareamiento
es un secreto a voces
que todos hemos hecho el amor
en el tiempo muerto de Magritte
y con William Blake, descubrimos
la divinidad del mundo sin un solo dios verdadero.


Y no dejamos de bailar sobre las tumbas
de sus miedos, de sus empresas 
de productos cosméticos que tanta muerte 
cosechan haciendo de los veranos
estancias para momias esmaltadas
que estampan a los pájaros en sus vuelos
e intoxican a los niños que no duermen.


Y bailamos malditos, y bailamos 
hasta hacer música con los escaparates
y las piedras y sus congéneres, las ramas.


Y hasta hoy andarnos por las ramas
sobre la espuma de los días
es algo que nos encanta hacer

en las trastiendas de las barricadas.


















miércoles, 9 de octubre de 2019

Los cien mejores poemas de Karmelo C. Iribarren

Los cien mejores poemas de Karmelo C. Iribarren – El Cuaderno



Selección de poemas

de Carlos Alcorta (Torrelavega [Cantabria], 1959) es poeta y crítico. 



ESTAS COSAS SIEMPRE SUCEDEN DE REPENTE
No pasa nada. Ella está

en un expreso con dirección

a Barcelona, y yo aquí,

en mi mesa de trabajo, escribiendo

estos versos. Hace apenas dos horas

que se ha ido. Mañana

charlaremos por teléfono.

Sobre la tele, su espléndida sonrisa.

No pasa nada, como digo.

Y, de repente, no sé qué hacer

con tanta soledad.
SUPERVIVENCIA
Uno siempre espera

que suceda algo,

que algo bueno suceda,

algo que le dé un giro brusco,

un empujón, un bandazo

de suerte a su vida

de repente, porque sí,

en el momento más inesperado.
Pero no pasa nada, claro,

nunca pasa nada.

Porque uno no es más que un pobre

diablo (qué te creías, pues),

un número, una fecha,

un papel olvidado en un sótano

tétrico, traspapelado

entre millones de papeles.
Y al final, uno, qué remedio,

acaba aceptando que es así,

asume su fracaso,

se mira en el espejo y se da risa

(o llora, pero muy bajo),

se dice que la vida…, en fin,

que no hay nada que hacer,

y ni siquiera se queja, para qué.
Uno ya sólo quiere llegar

al día siguiente, sin

sobresaltos, poder ver a su

equipo por la tele el sábado, fumar

menos, dormir bien, echar

de vez en cuando un

trago, cumplir años,

seguir vivo…, sin más.
DOS EXTRAÑOS
Cruzar cuatro palabras en un bar

y percibir al instante

que nada queda

de aquella vieja historia.

Que somos dos extraños, nada más.

Dos extraños

a los que la vida puso

en una esquina

el tiempo justo para engañarse un poco,

gozar también a veces

e incluso prometerse irrealidades.

Dos extraños que esta noche se miran

con indiferencia,

o apenas si se miran.

Que tienen prisa,

ganas de despedirse,

de volver a su mundo.

Y que ya ni se molestan en fingir.
LA FRONTERA
Para mi madre, Juani
Era un lugar siniestro,

peligroso, un lugar

donde podía pasarte

cualquier cosa. Los trenes

iban lentos: al otro lado

estaba Francia, nada menos,

y más lejos aún, pero mucho más

lejos, Pekín. Una vez fui

con mi madre hasta Bayona.

Estaba todo limpio y quieto,

como muerto, como si no pasase

nada. Luego lo supe: ser libre

no es igual que ser feliz.
VISTA CANSADA
Tengo

vista cansada.

Las letras

se me emborronan

sobre la página.

Curiosamente ahora

que empiezo a ver

con tanta

claridad

tantas cosas…

Pero no hay gafas

para esto.
LAS CIUDADES
Me gustan las ciudades, sus plazas,

sus calles, sus esquinas,

sentarme en la terraza de un bar

con un café delante

y dejar que pase el tiempo,

sin hacer nada, sin prisa,

observando esto y aquello,

y luego ir a alguna librería y revolver

un poco en los estantes,

y si hay río cruzar el puente

y repetir la misma operación al otro lado.

Me gusta estar solo entre la gente,

no ser nadie, no tener que ir a ningún sitio

pero poder ir a todos.

Me gusta la primera vez que me asomo

al espejo del baño del hotel,

ese momento de suspense,

recién llegado, cuando

no sabes si va a aparecer tu rostro

o el del último huésped, atrapado aún

en la memoria del azogue.

Me gustan los parques y los ríos

urbanos, pasear por ellos, a su lado,

especialmente en otoño.

Me gustan las ciudades, sí: andar,

mirar, vivir, enamorarme

de esa mujer del vestido rojo…
DOMINGO, TARDE
Qué hago

mirando la lluvia

si no llueve.
UNA MAÑANA DE MIÉRCOLES
Hace una mañana gris,

opaca, triste. Estoy

en un bar, con un café, sentado

junto al cristal que da a la calle.

La música –suave, lejana, indiscernible–

acompaña sin pedirte nada

a cambio, ni siquiera que la escuches.

Cae una llovizna suave

–y un poco torcida– que hace

que algunos de los viandantes

no se la tomen muy en serio

y se resistan a abrir el paraguas.

Aquí dentro solo estamos el camarero y yo,

y ahora mismo esto es lo más cercano

a un pequeño paraíso en la tierra.

Me siento casi como en el compartimento

de un tren. Si lo fuera

yo tendría un billete

hasta la última estación.

Los cien mejores poemas de Karmelo C. IribarrenEdición y prólogo de José Luis Morante

Siltolá Poesía, 2018

200 páginas

15€

sábado, 5 de octubre de 2019

Un poema de RAMIRO VIDAL ALVARINHO

Deixa atrás no teu reptil acróbata
as igrejas
os centros de ensino
as esquadras da policía

esquiva a olhada ameaçante do fascista vertical
com a súa alma cóncava
burla os uniformes
e os sinais


ninguém como tu conhece os rios desta selva
deixa atrás a opressom
e conquista o tempo



(Poema do livro  Origem e Ruptura

de  RAMIRO VIDAL ALVARINHO)



(A partir dunha foto de Juampa)


viernes, 4 de octubre de 2019

Banderas, de Geovannys Manso




BANDERAS


              A Marta Virginia


Una bandera para el hijo que se aleja
bordada como si fuese un manbí
en la máquina Singer, destartalada ya.
Mi madre buscando la punta exacta de la estrella:
dos listas blancas <parejitas>
el azul de una vieja camisa del abuelo
el triángulo rojo fue alguna vez el short de la primaria.
Una bandera puede ser, también, una historia familiar
excesivas nostalgias
para que acompañen al hijo, alejándose ya
no a la guerra, solo a un viaje de paz.
Basta la incierta lejanía
para que mi madre de puntadas y sonría
antes de llorar sobre la máquina Singer 
de la cual cierta vez un vil señor

quiso despojarla.

(Del fermoso livro de poemas de Geovannys Manso, LOS LEVES SOBRESALTOS)

de Karlotti para un poema que me habla de los días hilvanados


jueves, 3 de octubre de 2019

Nuno Júdice (Portugal, 1949)

Nuno Júdice (Portugal, 1949) - Festival Internacional de Poesía de Medellín



Receta para hacer el azul



Si quieres hacer azul,

agarra un trozo de cielo y mételo en una olla grande,

que puedas llevar al fuego del horizonte;

después mezcla el azul con sobras de rojo

de la madrugada, hasta que se deshaga;

vacía todo en un bacín bien limpio,

para que no quede nada de las impurezas de la tarde.

Finalmente, criba los restos de oro de la arena

del mediodía, hasta que el color se adhiera al fondo de metal.

Si quieres, para que los colores no se desprendan

con el tiempo, deposita en el líquido un corazón de melocotón quemado.

Lo verás deshacerse, sin dejar señal de que alguna vez

allí lo pusiste; y ni el negro de la ceniza dejará restos de ocre

en la superficie dorada. Puedes, entonces, levantar el color

hasta la altura de los ojos, y compararlo con el azul auténtico.

Ambos colores te parecerán semejantes, sin que

puedas distinguir entre uno y otro.

Así lo hice – yo, Abraham ben Judá Ibn Haim,

iluminador de Loulé – y dejé la receta a quien quisiera,

algún día, imitar el cielo.





Antropología



como la piedra, no nació de un volcán,

no formó una isla,

no hirvió el mar en impulsos ansiosos

de cielo.

El hombre, como la planta,

se dobla al paso del ciclón,

se estremece con las mutaciones del

tiempo –como ahora,

cuando traen ya las nubes

un escalofrío de otoño.

Este hombre tiene el fondo ceniciento

de esas nubes, su mirada de amenaza

la insistencia en permanecer —así

sepa que el primer soplo

lo arrebatará del horizonte.



                                               Traducción de Elkin Obregón





Principios



Podríamos saber un poco más

de la muerte. Pero no sería eso lo que nos haría

desear morir más

aprisa.

Podríamos saber un poco más

de la vida. Tal vez no necesitaríamos vivir

tanto, cuando sólo se precisa saber

que debemos vivir.



Podríamos saber un poco más

del amor. Pero no sería eso lo que nos haría dejar

de amar al saber claramente lo que es el amor, o

amar más todavía al descubrir que, aun así, nada

sabemos del amor.





Traducción de Elkin Obregón

martes, 1 de octubre de 2019

Los chicos rebeldes, de Uberto Stabile





Los chicos rebeldes

los chicos rebeldes se han vuelto tiernos con la edad
se emocionan leyendo poemas,
circulan lento frente a los escaparates del pasado
han abandonado el gusto por las citas
y envejecen con cierta elegancia,
a sus novias ya no les dicen tía
les llaman corazón,
han aprendido a lavar la ropa, a planchar y a doblar
con cuidadoso acierto
cada uno de sus errores,
a los chicos rebeldes el amor ya no les quita el sueño
pero no podrían vivir ni un solo día sin amar,
hacen trampas con el tiempo pero tienen los días contados.


los chicos rebeldes saben que ya no volverán a caminar
sobre ninguno de sus propios pasos
por eso ahora cada caricia es siempre la primera
cada beso el último beso.
ya no persiguen ni se dejan perseguir
son incómodos frente a la ambición
aman las causas perdidas
y nadan contracorriente.
los chicos rebeldes con la edad toman pastillas que no les drogan
drogas que no les matan
y mueren un poquito cada día
sin perder ni ocultar
el brillo errático de sus miradas.
los chicos rebeldes han aprendido a despedirse sin decir adiós
se van sin hacer ruido ni dejar rastro
solos, siempre solos
con el mundo dentro.